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Devra-t-on payer pour réinjecter son surplus solaire dès 2027 ?
La semaine dernière, plusieurs articles ont été publiés dans les principaux journaux, relatant le fait qu’il pourrait y avoir des tarifs de reprise négatifs pour le surplus d’énergie photovoltaïque dès le 1er janvier 2027.
Ces articles ont créé une certaine confusion chez les propriétaires d’installations photovoltaïques, mais également chez les personnes qui envisagent d’en installer une. Qu’en est-il exactement ?
Que dit la nouvelle directive ?
Dès le 1er janvier 2027, si aucune autre rémunération n'a été convenue avec le fournisseur d’électricité, l'énergie solaire injectée dans le réseau sera rémunérée selon un prix dynamique qui changera tous les quarts d’heure. Ce prix pourra être positif, nul ou négatif.
Ce n'est pas un prix qui apparaît au dernier moment. Il s'agit du prix « day-ahead » : les prix du lendemain sont connus la veille, avec à partir de 2027 une valeur pour chaque tranche de 15 minutes.
Cette évolution vise notamment à mieux faire correspondre la rémunération de l’électricité injectée avec sa valeur réelle sur le réseau au moment où elle est produite.
Pourquoi les prix deviennent-ils négatifs ?
Les prix négatifs apparaissent généralement lorsqu’il y a beaucoup d’électricité disponible sur le réseau et relativement peu de consommation.
Imaginez par exemple une belle journée de printemps.
À midi, des milliers d’installations photovoltaïques produisent simultanément beaucoup d’électricité. Si les ménages et les entreprises ne consomment pas suffisamment à ce moment-là, l’offre d’électricité devient supérieure à la demande.
Le prix du marché peut alors devenir très faible, voire négatif.
C’est précisément pendant ces belles journées ensoleillées qu’un propriétaire photovoltaïque peut donc être le plus exposé à ce phénomène.
Alors, devra-t-on payer ?
C’est la question qui inquiète naturellement le plus.
Oui, le prix de reprise pourra être négatif pendant certains quarts d’heure. Une installation qui injecte de l’électricité durant cette période pourra donc voir cette énergie comptabilisée à un prix négatif.
Mais cela ne signifie pas pour autant que tous les propriétaires de petites installations photovoltaïques vont soudainement recevoir une facture pour leur production solaire.
Pour les installations photovoltaïques de moins de 30 kW, un mécanisme de rétribution minimale reste prévu, avec un niveau de référence de 6 ct/kWh.
Il faut cependant bien comprendre son fonctionnement.
Les 6 ct/kWh ne constituent pas un prix garanti pour chaque quart d’heure. L’électricité injectée est d’abord valorisée selon les prix dynamiques du marché. Si le prix de marché de référence utilisé pour le calcul de la rétribution minimale est inférieur à 6 ct/kWh, une prime vient compléter cette rémunération.
Prenons un exemple simplifié :
Si, sur une période donnée, le prix de référence est de 4 ct/kWh, la prime correspondante sera de 2 ct/kWh afin d’atteindre le niveau de référence de 6 ct/kWh.
Cette prime est cependant déterminée sur la base du prix de marché de référence, et non en recalculant individuellement chaque quart d’heure de votre installation pour lui garantir exactement 6 ct/kWh.
C’est une nuance importante. Une installation qui injecte beaucoup d’électricité précisément pendant les périodes où les prix sont très faibles ou négatifs pourra donc être moins bien rémunérée qu’une installation qui évite ces périodes.

Faut-il donc s’inquiéter ?
Non, mais il faut s’adapter.
Pour les petites installations bénéficiant de la rétribution minimale, le changement ne signifie pas que l’énergie photovoltaïque ne sera soudainement plus rentable ou qu’il faudra systématiquement payer pour injecter son surplus.
En revanche, la manière dont le surplus est géré va devenir plus importante.
Une installation qui continue à injecter sans tenir compte des prix du marché pourrait recevoir une rémunération moins intéressante qu’une installation capable d’adapter son comportement.
À partir de 2027, il ne s’agira donc plus uniquement de produire le plus d’énergie solaire possible : il deviendra également intéressant de choisir au mieux ce que l’on fait de cette énergie lorsqu’elle est disponible.
Quelles sont les possibilités pour éviter de perdre de l’argent ?
La bonne nouvelle est que les prix du lendemain seront connus à l’avance. Il devient donc possible d’anticiper.
Plusieurs stratégies existent.
Augmenter son autoconsommation
La première est également la plus simple : utiliser davantage son électricité au moment où sa valeur sur le réseau est faible.
Lorsque des prix négatifs sont annoncés entre 12h et 14h, il peut par exemple être intéressant de programmer durant cette période :
- la recharge d’un véhicule électrique ;
- la production d’eau chaude ;
- certains appareils ménagers ;
- une pompe à chaleur ;
- ou d’autres consommateurs pouvant être déplacés dans le temps.
Chaque kWh consommé directement est un kWh qui n’est pas injecté sur le réseau.
Stocker l’énergie dans une batterie
Une batterie permet de conserver le surplus photovoltaïque au lieu de l’injecter lorsque le prix est défavorable.
L’énergie pourra ensuite être utilisée le soir ou durant la nuit.
La batterie constitue donc une excellente manière d’augmenter l’autoconsommation, mais elle n’est pas indispensable pour faire face aux changements de 2027.
Suivre les prix du marché
Puisque les prix du lendemain seront connus la veille, il est possible de surveiller les périodes durant lesquelles l’injection sera peu intéressante.
Le propriétaire peut alors adapter temporairement sa consommation ou le fonctionnement de son installation.
Cette solution ne nécessite pas nécessairement de modifier l’installation photovoltaïque existante.
Adapter automatiquement l’installation
Les installations les plus récentes offrent de plus en plus de possibilités de gestion intelligente.
Selon l’onduleur et les équipements présents, il peut être possible de limiter automatiquement l’injection dans le réseau lorsque les prix deviennent défavorables.
L’installation peut, par exemple, continuer à produire l’énergie nécessaire à la consommation du bâtiment tout en réduisant ou supprimant le surplus injecté.
Certaines solutions permettent également d’anticiper les prix du lendemain et d’adapter automatiquement la stratégie de fonctionnement.
Faut-il remplacer son installation photovoltaïque ?
Non. Le changement prévu en 2027 ne nécessite pas de remplacer son installation photovoltaïque.
Selon l’onduleur installé, sa génération, les équipements de mesure présents et les possibilités de communication du système, les solutions permettant de s’adapter aux nouveaux tarifs pourront simplement être différentes.
Certaines installations récentes disposent déjà de fonctions de gestion avancées. D’autres pourront être complétées ou adaptées. Pour les installations plus anciennes, d’autres solutions permettront également d’anticiper les périodes où l’injection est moins avantageuse.
Il n’est donc pas nécessaire de remplacer prématurément son onduleur en raison du changement prévu en 2027. L’objectif est plutôt de choisir le niveau d’adaptation approprié à chaque installation et aux besoins de son propriétaire.
Elekt Solutions prépare plusieurs solutions pour 2027
Chez Elekt Solutions, nous travaillons actuellement sur plusieurs solutions permettant aux propriétaires d’installations photovoltaïques d’anticiper les changements du 1er janvier 2027.
Notre objectif est de proposer différents niveaux de solutions, adaptés aussi bien aux nouvelles installations qu’aux installations photovoltaïques existantes, et surtout proportionnés aux besoins réels de chaque propriétaire.
Ces solutions seront multimarques : elles ne seront pas réservées aux installations réalisées par Elekt Solutions ni à une marque d’onduleur particulière.
Vous possédez déjà une installation photovoltaïque, même réalisée par une autre entreprise ? Vous êtes bien entendu les bienvenus. Nous pourrons analyser votre installation existante, sa compatibilité et les possibilités permettant de l’adapter aux nouvelles conditions de rémunération prévues dès 2027.
Il ne sera ainsi pas nécessaire d’investir systématiquement dans une batterie ou de remplacer son onduleur. Selon l’installation existante et les besoins du propriétaire, des solutions plus simples pourront également être envisagées.
